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Raidlight Winter trail : dantesque!

Raidlight Winter trail : dantesque!

On a souvent des journées difficiles en montagne. Particulièrement en haute montagne : des sorties périlleuses où l’on frôle l’accident (ou pire), des tempêtes, des orages, des difficultés multiples. Et cela peut tout aussi bien arriver en moyenne montagne, tous sports confondus. Trail y compris.

On ne le sait que trop bien : je ne suis pas un adepte des courses et compétitions. Mais quelque fois j’aime me retrouver au milieu d’une bonne ambiance et particulièrement sur des terrains que j’affectionne.
En m’inscrivant au Raidlight Winter Trail je répondais ainsi à plusieurs objectifs : m’entraîner sur neige (je n’avais jamais fait de trail blanc), faire un tracé sans la “difficulté” de suivre une carte ou la montre GPS (même si c’est ce que je préfère) et retrouver des traileurs typés “montagne”; donc proches de ma foulée et technique. Mais il s’agissait surtout d’une excuse pour voir les montagnes qui me manquaient fortement. A mon grand regret, j’oublie à chaque fois que la Chartreuse, même si c’est un coin magnifique, ressemble plus à un région forestière que montagneuse. Dans le cas contraire, il faut grimper sur les quelques rares sommets (comme le grand Som ou Chamechaude). Qu’importe, toutes les occasions de fuir la ville sont bonnes.

Le Raidlight est un “petit” trail de 28km et 1400m D+ (pour le circuit que je visais). Pas si petit que ça pour un trail blanc par contre. Mais j’y allais décomplexé et sans aucun objectifs de dépassement ou de temps. Les autres membres de la team “Traileurs des Mont D’Or” étaient engagés sur de plus sérieuses compétitions comme “la foulée des Monts D’Or” ou le “trail givré.”
Sauf que je ne m’attendais à ce que cette journée soit aussi pénible. Et Dieu sait que j’en ai connu des journées pénibles en montagne…

Aux portes de l’enfer blanc!

Tout commence par la première vraie insomnie de ma vie. Cela ne m’était jamais arrivé et il faut bien sur que ça précède une de mes rares courses de trail. Résultat : 2h45 de sommeil en me couchant à 22h et en me levant à 5h. Car je pensais anticiper les chutes neige (minimes d’après les différents services météo) avec une marge de 2h15 au lieu des classiques 1h30 de route.
Tout commence au changement de direction de l’A43 vers Grenoble. Je me retrouve sur une autoroute bloquée sur une voie avec 10cm de neige. Heureusement il n’y a personne mais je ne peux dépasser les 70km/h. A la sortie aux portes de Chartreuse, ma petite expérience sur neige m’invite à me déplacer très lentement. Mais un léger relâchement à la descente d’une route en sortant de gorges provoque le pire : un premier tête-à-queue, on frôle le fossé (qui envoie 5m plus bas dans une rivière), on redresse titine, un 2ième tête-à-queue, on frôle le poteau et jamais deux sans trois on s’en fait un dernier avant de remettre la voiture sur les rails et de s’arrêter dans un spasme de tremblements. J’étais bien sur équipé de pneus neige mais rien n’arrête le verglas…
La route devient de pire en pire et je ne sais pas par quelle magie j’arrive (sûrement le premier sur les 325 coureurs prévus) sur le parking de la station de ski de St Pierre de Chartreuse.
Dossard récupéré (en admirant la détermination des membres de la team Raidlight à déneiger les 1m de neige de la ligne d’arrivée), on m’annonce que pour des raisons évidentes de mauvais temps et de quantité de poudre blanche le 28km se transforme en 20km et 950mD+. De plus, le départ ne se fera plus comme prévu à 9h mais à 9h30.
Soit… Allons nous préparer tranquillement et nous échauffer.

Partira? Partira pas?

Les coureurs arrivent au compte goutte. Au final, le tiers aura appelé pour se désengager car ils n’arrivent pas à accéder au village. A 9h30 comme prévu, aucun membre de l’organisation sur la ligne de départ. On apprend après un bon quart d’heure que le départ est reporté à 10h, puis 10h15 (Aucune annonce micro. Il a fallu que l’on compte sur le téléphone arabe entre coureurs.). On partira bien sur vers 10h30 après s’être nettement refroidi à attendre sous le vent et les chutes de neige. Ça n’aurait pas été fun autrement (sic).
Petite parenthèse mes amis : je testais des “chaînes à chaussures” (comme pour les voitures) de la marque Ezyshoes. La neige s’accumulant sous les pieds, je décide de les laisser dans le coffre. Je découvrirai plus tard que c’était le meilleur choix.

Candeloro touch!

Le départ est classique car principalement sur des chemins carrossables ou quelques passages sur les petites routes qui relient les hameaux. Mais comme les (grosses) rafales de vent s’engouffrent sur ces passages dégagés, la petite couche de neige cache le fléau que j’ai affronté en voiture quelques heures auparavant : le verglas! Le coureur devant moi se prend, excusez l’expression, la boite de l’année en entamant un virage. Je l’aide à se relever et, comme dans un numéro de cirque parfaitement maîtrisé, je fais quelques mètres puis vois mes pieds passer à la hauteur de ma tête et je tombe d’un plat sonore sur le dos. Le souffle coupé et je suis sonné. Mon acolyte d’avant m’aide à son tour. C’est l’hécatombe : la plupart des coureurs chutent. Personnellement je m’en comptabilise 3 sur 2km.
“Mais tu aurais du garder tes chaînes à chaussures” me direz vous… Attendez, ce n’est pas fini!

La communauté de l’anneau

A la séparation entre les différents tracés, notre 28km (pardon, 20km) s’enfonce petit à petit dans la foret. C’est à ce moment là que le trail prend la “meilleure” tournure qui soit : Imaginez une petite centaine de traileurs en file indienne, collés les uns aux autres, marchant “dès potron minet” dans 1m de neige et 1m50 autour. Un “single track” dont l’idée de doubler ne frôle même pas l’esprit. Pas de leaders ou de voiture ballet. Le groupe ne s’est jamais séparé. Les 3 premiers faisaient la trace dans les 1m50 de poudreuse (paix à leurs âmes, décédés de fatigue à l’arrivée). Les images défilant dans ma tête, j’hésitais entre les 7 (100) nains revenant du boulot ou le club de retraités randonneurs perdus. Mais j’optais pour la communauté de l’anneau traversant les “Monts Brumeux” pour se rendre au mine de la Moria (références geeks et cinéphiles obliges).

Nous avions quand même droit à quelques descentes. Au choix : se prendre un arbre, une branche alourdie par la neige, tomber jusqu’à la taille (là je ne compte même plus) dans les nombreux trous, marcher sur le coureur de devant qui mangeait involontairement la neige, se faire piétiner alors que l’on est tranquillement à son tour en train de déguster de la poudreuse…
Vous avez des chaînes à chaussures? Soit vous les perdez, soit la neige qui s’accumule sous les semelles vous donne la démarche d’un manchot sur la banquise…
Bien sur, l’équipement de trail n’est pas aussi bien fait que celui de ski. On est rapidement trempé. Et comme on ne coure pas tout le temps, je vous laisse imaginer à quelle vitesse le corps se refroidit. Technique du jour : frapper sur les épaules de celui de devant pour le réchauffer et se faire marteler le dos par celui de derrière.
Ca a donc duré 2h; soit 70% du trail.
Vous pensiez profiter du paysage magnifique et blanc de Chartreuse (comme un témoignage lu après course) ? Que nenni! Je vous mets au défi de relever la tête plus de 5s. Soit vous avez une autre paire d’yeux qui peut voir les trous, soit vous aimez manger de la neige.

Après la course, et pour ceux qui avaient réservé, nous avions le droit à un très bon repas concocté par le restaurant bio Oreade. Ce fut le meilleur moment de la journée au final. Et ils avaient même pensé aux “gluten free” comme moi.
J’en profite pour parler rapidement avec un représentant de la bière “Single Track”; bière Lyonnaise fabriquée juste en face de mes Monts D’Or. Je lui fais part de ma surprise de le voir aussi loin de chez nous. Et je le suis encore plus quand j’apprends que son camion n’a aucun équipement d’hiver. En ce lundi, j’hésite encore à envoyer les secours…

Quand y en a plus, y en a encore!

Retour à la voiture avec “l’agréable” surprise de la trouver sous 65cm de neige (en quelques heures). Il m’a donc fallu ½ heure pour la dégager avec une snowboardeuse locale qui était dans le même panade. Elle m’avoua qu’elle n’avais jamais vu ça et manquant de s’étrangler quand je lui dis que je rentrais sur Lyon… Mais pourquoi donc?
Pourquoi? Imaginez 7km de route de montagne et de gorges, avec des endroits où deux voitures ne peuvent se croiser, à 15km/h de moyenne (j’aurai mieux fait d’y aller en courant) car ta voiture part en vrille si malencontreusement tu avais l’idée de tourner un peu trop rapidement ton volant. Sur 15km je croiserai 8 voitures dans le fossé; dont une plantée sur le nez, les roues arrières en l’air, à l’endroit exact où je faisais les tête-à-queue le matin (merci ma bonne étoile!).
Bien sur, j’étais encore équipé trail de la tête aux pieds (la neige continuait à recouvrir la voiture pendant que je la dégageais, il fallait donc faire vite) et une voiture à du mal à produire de la chaleur en roulant à 15km/h pour mes vêtements détrempés.

Chartreuse, je te quitte sans tristesse…

Résultats (en dehors d’un rhume et d’une douleur au dos) : L’impression de ne pas avoir profité des montagnes, d’avoir perdu mon temps et mon argent. Mais comme je suis un tantinet positif quand il s’agit de sports outdoor, je prendrai ça pour de l’expérience.
Quid de l’organisation? Oui il y a de nombreuses critiques à faire. Devaient-ils annuler? Peut etre le 20/28km… Mais je ne les blâme pas complètement car cette journée dantesque était difficilement anticipable.
Ma critique principale (en dehors de la forte impression que ceux du 28km ont été un peu abandonné) que je ferrai sera le manque de communication pendant et avant. J’ai tenté de contacter l’organisation à plusieurs reprises par tous les moyens : twitter, Facebook et je n’ai eu qu’une seule réponse par mail. Réponse qui ne répondait bien sur pas à mes questions…
Dans tous les cas, je me rends compte que je préfère la montagne sans neige (du moins pas en dessous de 3000m) et que la belle saison me manque…

Julien Ducerf

Comments

  1. Je connais la route pour monter là haut, deja à sec je l’aime pas alors là mamma j’aurais fait demi tour direct (bon il aurait fallu trouver un endroit pour le faire ceci dit)
    sinon pour aller profiter de la radieuse beauté de la chartreuse il faut aller au grand duc fin juin tu vas voir ça rattrappera tout ! moi j’y serai en relai de deux ^^

  2. Moi qui suis en train de préparer un éventuel marathon au Groenland, et qui aimerait faire quelques trails hivernaux, ton récit m’a bien refroidit (ho ho ho).
    Non mais l’expérience devait être sympa, après, par contre j’avoue le côté s’y rendre et repartir c’est toujours une grosse galère…

    • Mince ton commentaire était dans mes spams 🙁
      Oui le problème était surtout la route

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