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Par où commence le trail… par Julien

Par où commence le trail… par Julien

[Article proposé par Julien, un ami qui partage avec vous son histoire et sa vision du trail. Nous retrouverons Julien régulièrement sur le blog pour partager ses expériences et tests du matériel de trail.]

Tout commence avec une montagne. Dans ma vie, cela commence souvent avec une montagne …
Courir je l’ai toujours fait. Du moins depuis que je pratique le sport à un certain niveau. Ça a été une revanche sur la vie, moi ancien ado obèse de 85kg pour 1m60 à 14ans…
Quand j’ai fait du rugby, je n’avais pas le choix que de courir et m’entraîner à mieux courir. Quand je suis passé au ski de compétition, je devais encore courir, améliorer mon cardio.
Quand je préparais mes sorties d’alpinisme, de ski de rando et de mountain bike, je devais courir, courir et encore courir pour préparer mon corps au manque d’oxygène et à l’effort intense.
Mais la course n’était qu’une préparation et un entretien. Je n’y prenais pas de plaisir.
En montagne, je suis seul car c’est ma philosophie. C’est un minimum, malgré les dangers de la solitude, pour me retrouver face à moi-même. La course, la compétition, je la fais avec mon propre corps. Je pensais que je ne pouvais pas aller plus loin.
Puis le trail running est arrivé. Depuis quelques années, je voyais ces fous grimper les 1500m de dénivelé en courant, vêtu “d’un simple short et de baskets” (clin d’œil ironique aux médias). De quoi te gâcher ta sortie de montagne : en 2h, ils grimpent ce que j’ai mis 5h à faire. “Jamais je ne pourrai faire ça. C’est impossible pour un “sportif” comme moi.”

Julien_trail Chamrousse
Puis il y a eu cette révélation en 2011

Mon run se limitait à 5 ou 6 km. Mon ex-patron, grand montagnard devant l’éternel et fou de course ne cessait de me tirer vers le trail : “Tu as un bon rythme ! Augmente la distance et le dénivelé et bientôt tu pourras courir en montagne.”
Bien sûr que je rêvais de courir en montagne : dépasser mes limites, atteindre encore plus vite les sommets, faire la course avec les chamois et surtout voler au dessus des rochers comme si je ne pouvais pas m’arrêter.
Je me rappelle, c’était le jour de la fête de la musique : là où mon entraînement est passé de 5km à 10km et avec du dénivelé cette fois. Là où j’ai quitté la route pour tester les chemins de campagne.
Il a fallu tout réapprendre. Habituer mon corps à de nouvelles sensations de course, à une autre gestion de la foulée, changer régulièrement le rythme, s’adapter à des terrains irréguliers et surtout savoir toujours improviser. Car tu ne sais jamais ce qui t’attends dans un trail.
J’ai une chance folle : j’habite dans les Monts d’Or. Pour les Lyonnais, il s’agit un peu de la Mecque pour l’entraînement trail.
A moins de 3km de Lyon, tu cours au milieu des bois sauvages, peuplés de chevreuils et de sangliers. Les pratiquants sont nombreux et c’est un plaisir que de croiser régulièrement (de jour comme de nuit) des “confrères” de trail ou de VTT. Les chemins peuvent être techniques et il y a suffisamment de dénivelé pour faire chauffer les cuisses et construire un cardio de traileur.
Si vous voulez vous licencier, je vous conseille d’aller au club “Saône Mont d’Or Nature”. Des traileurs de tous niveaux et aussi une association organisatrice de très bons trails; comme “la nuit des Cabornes”, trail nocturne de 25 ou 50 km (1000m ou 2500m D+).
Puis j’ai testé ma première compétition : un trail de monts, dans les monts du Lyonnais plus exactement. (Si vous avez deux minutes, je vous invite à découvrir la liste des différents types de trail en fin d’article.
J’ai (re) découvert le challenge avec d’autres sportifs. Un sentiment, une sensation qui, grâce à l’autre, te pousse à aller toujours plus loin. Car la solitude du montagnard est aussi difficile à gérer quand il s’agit de motivation.
L’été arrivant, j’ai enfin pu me mettre au trail alpin.
J’en profite pour faire un aparté : amis traileurs, amis runners, ne comparez pas : le trail de monts n’est pas moins difficile que le trail alpin. Il est différent. Je me rends compte aussi qu’il y a peu de traileurs de monts qui pratiquent le trail alpin et vice-versa. Le pratiquant de trails de monts est souvent un ancien runner. Celui de trails alpins est un montagnard.
J’ai commencé mes entraînements alpins en dessinant mes circuits sur Google Earth et autres cartes numériques. Mais quand tu es concentré sur ton physique et que tu n’as pas de montre GPS, il est difficile de suivre correctement un parcours.
J’ai donc eu deux choix :
– Trailer sur des parcours que j’avais fait en rando, ski de rando ou VTT : peu de surprises concernant l’environnement mais au moins je peux me concentrer sur ma course.
– Trailer sur des chemins balisés spécifiques au trail. Car oui, messieurs-dames, une marque a eu la très bonne idée de créer des “stations de trail”. Raidlight, implanté en Chartreuse, a inventé le premier centre de trail : Pour 3€ / jour, vous avez accès à des vestiaires, douches, salle de musculation, sièges massants, … Le top bien sûr c’est la salle commune avec accès wifi et ordinateurs pour enregistrer ses temps et les partager avec les autres trailers. Enfin, la marque a créé des parcours balisés, consultables à la station et sur Internet…
De nombreux cours collectifs et particuliers sont organisés chaque semaine et vous y trouverez aussi un stade d’échauffement.
La station est aussi organisatrice de mini-compétitions où les engagements dépassent rarement les 15€.
Enfin, chaque massif ouvre sa station. Certains, comme le Mont Blanc, ne s’associe pas avec Raidlight et décide de voler de leurs propres ailes.
Ma première compétition alpine n’était pas vraiment celle que j’attendais. J’ai cru longtemps que j’avais été trop optimiste concernant mes capacités mais je sais aussi que j’y ai beaucoup appris.

Julien_trailchamrousse2
Trail de Chamrousse

Je connais la station par cœur. Eté comme hiver. C’était donc la course parfaite pour moi. 22km et 1200m D+ de prévu.A mon arrivée ce samedi matin nous avons eu notre première surprise : les 22km se sont transformés en 25km et les 1200m en 1600m. On leur pardonne : premier trail de la station, sûrement mesuré une ou deux fois à grand renfort de Google Earth.Il y a eu quelques ratés sur l’organisation mais c’est surtout le parcours qui nous a fait souffrir : au final 28km pour 1600m D+. Je n’avais ni mangé la veille ni le matin. Ce fut la plus grosse (et la dernière) erreur de ma vie de traileur. Je ne voulais pas souffrir de problèmes intestinaux et je n’ai pas su gérer ma nutrition. Dans la dernière montée, je pensais abandonner. Je crois que ce moment a été le pire, non pas physiquement mais moralement. Je ne devais pas abandonner.Quand je suis arrivé en haut, que ma vue s’est porté sur tous ces sommets, que j’ai senti cette petite brise, quand la montagne te parle, que j’ai repensé à ma passion pour cette nature, que j’ai su que ce n’était qu’une petite erreur et que j’allais me rattraper.

Car c’est à ce moment là je me suis rappelé pourquoi je faisais du trail. Comme toute activité outdoor montagne, on n’improvise pas la course alpine. Il faut connaître cette nature qui ne laisse aucune place au hasard : l’altitude, la neige, les pierriers, … La technique est différente aussi : En trail de monts on court 70% et le reste est en marche rapide. En trail alpin, la marche rapide est au minimum de 50%. On doit grimper, utiliser les bâtons, sauter de rocher en rocher. Les chevilles sont constamment sollicitées. Je ne peux que recommander l’entraînement et les étirements pour améliorer l’élasticité. Mes capacités alpines sont un avantage pour moi en trail de monts. Je sais que je gagne du temps et des places en descente, en marche rapide et surtout quand la montée est technique à cause de la nature du terrain. Je sais que l’ancien runner de bitume, qui possède un cardio surentraîné, pourra me battre sur les longueurs et la vitesse. En trail il est difficile, voir impossible d’anticiper une course que l’on n’a jamais fait. Le run est dépendant d’un ensemble de facteurs qui sont eux-mêmes dépendant les uns des autres : dénivelé, temps, distance, type de terrain (boue, terre, pierre, neige…), météo, type de parcours,…
Petite parenthèse : j’ai souvent eu la discussion si la Sainté Lyon pouvait être considérée comme un trail. Mon avis, personnel mais également de beaucoup de traileurs, est qu’elle n’en est pas un. C’est une course nature ou un cross. Un trail, c’est un minimum de 98% de chemins naturels.
Pour l’instant, je continue mes entraînements hebdomadaires en monts. L’été je navigue entre 12 et 14km pour 500M D+ par entraînement trois fois par semaine pour 95% de chemins.
L’hiver, je suis entre 10 et 12km (et 500m D+) principalement sur route et en nocturne. Mais avec une vraie sortie trail chaque week-end.

« J’ai une conception très personnelle du trail et je l’assume »

Mon objectif n’est pas, et ne sera jamais, de faire du temps. Je veux juste mieux courir pour moi-même et surtout me sentir performant en trail de montagne. De toute façon le trail a toujours été, pour moi, uniquement une nouvelle façon d’accéder à la montagne (et au dépassement de soi bien sûr). Les courses et compétitions sont là pour la motivation (du fait de me trouver avec d’autres traileurs) et l’ambiance. Le trail restera la montagne.
Comme je fais des entraînements simples et au feeling (c’est à dire le même parcours et sans plan VMA, seuil, etc…) je me dis au final que je suis limite pour évoluer. Je n’ai pas non plus de référant puisque je cours seul (c’est un choix bien appuyé) et que l’on parle peu entraînement entre traileurs… J’ai donc décidé de me créer un vrai plan après mon prochain trail.
Plusieurs fois dans l’année, je pars dans ma “deuxième maison” qui est aussi celle de tous les montagnards : le massif du Mont Blanc. C’est une vraie terre de trail. C’est également là où j’ai découvert que je voulais me spécialiser en skyrunning et en vertical race.
Rappelez-vous : je cours pour aller plus loin et surtout plus haut. Mais surtout pour côtoyer les sommets et me fondre dans la nature. Je veux devenir celui que je jalouse depuis toujours : le chamois!
En cette saison d’hiver, je n’attends plus qu’une chose : Que la neige fonde et que je puisse à nouveau grimper en courant.
S’il vous faut suivre des coureurs, je vous recommande “l’extra-terrestre” et célèbre Kilian Jornet. C’est un vrai skyrunner. Mais surtout un passionné qui vit pour l’esprit outdoor et montagne. Il y a aussi Anna Frost, Emilie Lecomte, Dawa Sherpa…
Je vous conseille aussi de lire le blog BD “Des bosses et des bulles” de l’illustrateur et traileur Matthieu Forichon : http://www.desbossesetdesbulles.com/ C’est aussi un habitué des Monts D’or.
Je n’ai pas énormément de conseils à vous donner pour commencer le trail. Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il faut déjà de bonnes bases en running. Mais intégrer de nouveaux facteurs qui sont le dénivelé et le terrain naturel. La somme de ça vous obligera aussi une nouvelle approche du running qui sera plus technique et surtout faisant place à plus d’improvisation : car le rythme n’est jamais régulié.

En ce qui concerne le “mountain trail” c’est encore différent : car c’est une communion entre la nature et soi-même; donc une vision très personnelle. N’hésitez pas à partir en rando pour pratiquer la marche rapide. Croyez-moi, c’est une vraie technique.

Car avant d’être de la course, c’est une approche et un esprit. Et comme je le dis souvent : “Non, la montagne ça ne vous gagne pas… La montagne se gagne!

Les différents trails :

– Trails de monts : trail type Monts du Lyonnais. Souvent là où commencent les coureurs urbains ou « bitume » quand ils se mettent au trail. Terrain terre, boue et rythme très variable puisque on passe souvent de la montée à la descente. On court plus que dans les autres trails même s’il y a un pourcentage de marche rapide
– Trail urbain : comme son nom l’indique 😉
– Mountain trail : donc Alpes. Moins de terre, plus de roche et donc plus techniques. Il faut compter sur l’altitude et la gestion de l’oxygène. Mais aussi énormément sur les connaissances de la montagne. On a un très gros pourcentage de marche rapide. Et le changement de dénivelé (négatif/positif) est moins important. On va donc monter plus longtemps et idem pour la descente.
– Ultra trail : trail mountain mais en version longue (+ de 100 km et + de 3000m de D+)
– Skyrunning : trail mountain à haute altitude (on doit dépasser au moins une fois les 2200m d’altitude).
– Vertical Race : Trail où l’objectif est d’arriver en haut de la montagne. Donc tu montes tout le temps. Une version existe en « kilomètre vertical »: 1000m de D+ sur une courte distance (et bam pour le cardio et les cuisses)
– Trail blanc : Trail d’hiver sur neige
– Trail nocturne : toutes les versions de trail que l’on a vu mais en version nuit (très à la mode en ce moment). Surtout trail de monts. Car trail nocturne en montagne c’est rare car dangereux.
– Trail descente : ça arrive petit à petit. Mais surtout pour le fun et fausses compétitions pour s’entraîner dans les techniques de descente (tout aussi important que la montée).

Comments

  1. yoxxaz

    Merci pour cet article et ce partage fort interressant !

  2. Jessica

    Merci pour l’article !
    Récemment devenue lyonnaise, aurais-tu des courses/trails dans la régions à me conseiller?
    Des parcours balisés pour découvrir les Monts d’Or ?
    Merci !
    Jessica

    • Bonjour Jessica,
      Bienvenue dans la région. Tu es basée sur Lyon même ?
      Pour les courses tu as les classiques à lyon : RunInLyon, Lyon Urban Trail, Saintelyon. Si tu cherches des trails tu as ce qu’il faut dans les monts d’or ou le beaujolais.
      Pour les parcours, hésites pas à regarder nos traces sur strava (celle de Ju et les miennes) et tu vas vite découvrir de nouveaux chemins.
      Hésites pas à me contacter par mail pour échanger plus facilement.
      Bonne soirée

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